« Il a plu » ou « il a plut » ? Cette confusion est l’une des plus répandues en français écrit. Les deux formes se prononcent de façon identique, ce qui explique pourquoi tant de personnes hésitent. Pourtant, une seule est correcte, et la règle qui la gouverne est simple à comprendre.
Il a plu ou il a plut : La réponse directe
La seule forme correcte est « il a plu », sans t. La forme « il a plut » est une faute d’orthographe.
Pourquoi « il a plu » et non « il a plut » ?
Le verbe pleuvoir est un verbe impersonnel du troisième groupe. Son participe passé est plu, sans t final. Lorsqu’on forme le passé composé, on associe l’auxiliaire avoir conjugué au présent (a) à ce participe passé invariable.
La construction est donc : avoir (conjugué) + participe passé → il a plu.
Cette règle s’applique à tous les temps composés du verbe pleuvoir :
- Il a plu hier soir. (passé composé)
- Il avait plu toute la nuit. (plus-que-parfait)
- Il aura plu avant notre arrivée. (futur antérieur)
Dans tous les cas, le participe passé reste plu, sans t.
D’où vient la confusion avec le « t » ?
L’erreur vient d’une confusion avec deux autres formes verbales :
1. Le passé simple : À la troisième personne du singulier, le passé simple du verbe pleuvoir s’écrit « il plut » — avec un t. Cette forme, surtout utilisée à l’écrit littéraire, ressemble phonétiquement au passé composé, ce qui crée la confusion.
- Il plut toute la journée de la bataille. → passé simple, avec t ✓
- Il a plu toute la journée. → passé composé, sans t ✓
2. Des verbes irréguliers en -ut : Des verbes comme boire (il but), lire (il lut) ou savoir (il sut) ont un passé simple en -ut. Par analogie, certains étendent ce modèle à pleuvoir et écrivent « il a plut », ce qui est incorrect.
La règle du participe passé des verbes impersonnels
Les verbes impersonnels comme pleuvoir, neiger, grêler ou tonner ont des participes passés invariables et courts :
- pleuvoir → plu
- neiger → neigé
- grêler → grêlé
- falloir → fallu
- valoir → valu
Aucun de ces participes ne prend de t au passé composé. La terminaison en -t est caractéristique du passé simple, pas du participe passé.
Astuce mnémotechnique
Pour ne plus jamais écrire « il a plut », pensez à un verbe courant dont le participe passé est clairement identifiable : il a couru, il a vendu, il a voulu. Vous ne diriez jamais « il a courut » ou « il a vendut » — la même logique s’applique à pleuvoir : il a plu, jamais « il a plut ».
Exemples d’utilisation correcte
- Il a plu toute la nuit, les rues sont inondées.
- Est-ce qu’il a plu pendant les vacances ?
- Il a plu des cordes ce week-end.
- Heureusement, il n’a pas plu lors de la cérémonie.
- Il avait plu avant notre arrivée, le sol était encore humide.
Ce qu’il faut retenir
Écrivez toujours « il a plu », sans t. Le t appartient au passé simple (il plut), une forme littéraire distincte. Au passé composé, le participe passé de pleuvoir est simplement plu, invariable et sans terminaison supplémentaire.